Au docteur S.
Cette célébrité genevoise qui se trompait moins souvent de flacons chez le marchand de vin que dans la pharmacie sanglotait entre les colonnes des journaux, se plaignait de la tolérance de nos autorités envers les militaires français. C’est le même, affolé de poirisme sanguoinbaire qui pendant la grève de 1902 s’attira la reconnaissance des soudards qu’il enivra pour qu’à l’exemple des égorgeurs milanais ils “tirassent fort et visassent juste.”
Le chanteur doit simuler l’ivresse
1Quand j’étais au sein de ma nourriceJe criais déjà “Vive la Suisse”Je hurlais au pantalon garance“À bas la France.”(Refrain)Les pantalonsDe cett’ nationViol’nt sans façon,Sur tous les tonsJ’dis furibond :De nos gâpionsQu’en fait-on ?2Plainpalais, l’herbeuse promenade,Revoyait ma bonne et son troubade.Et le banc fixé sur la lisièreLeurs hémisphères.(refrain)3Nos r’blochons, nos jambons de Payerne,Nos poissons, notr’ choucroûte de Berne,Nos cirous quitt’ent avec le GruyèreNotre frontière.(refrain)4L’artilleur caserné en Provence,Le chasseur arrive de Valence,Le sapeur descend depuis DouvaineFair’ un’ fredaine.(refrain)5Conçoit-on, sans mourir de tristessel’inaction des hommes de la presse,Je la vois pantelante et meurtrieNotre patrie.(refrain)