Au journal La Suisse. La fumée du pétard n’tait pas dissipée que le journal La Suisse suivi de tous les journaux bourgeois accusaient les anarchistes d’être les auteurs de l’attentat qui fit la joie des vitriers. les libertaires et avec eux tous les gens de bonne foi ne virent dans cette grotesque pétarade que l’œuvre de la police : les chinoiseries de l’instruction n’infirmèrent pas cette croyance.
1À l’ombre de la nuit,C’est moi qui trouble le réduit,J’arriv’ en tapinoisPrès de la porte en bois.À une heure du matinAvec mon vilebrequin,Je fais un petit trouAu dessous du verrou.En douceur,En guetteur,Je place l’engin destructeur.(Refrain)Le vent, la bise,Près de l’église,Sont sans effetSur mes apprêts.Et la policeDans la coulisse,Viendra plus tardAu bruit de mon pétardDynamitard.2Le pouvoir aux aboispeut toujours compter sur moi,S’il est agonisantMoi je suis complaisant,Que Didier ou FazyMe montrent l’ennemi,Mon pétard ajustéLe fera culbuterEt BornandPrudemment,Vient fermer tous les contrevents.(refrain)3Mais s’il faut m’arrêter,Et pour ne rien éventer,A cours de l’instructionJ’ai des transformations.Je fais très bien l’idiot,Je suis sourd comm’ un pot.Où bien je suis instruitComme tout un jury.Et Bornand,Complaisant,Me fait voyager quelque temps.(refrain)4Dans les vingt-deux cantonsJ’ai caché du fulmicoton,Des picrates à Evreux.Des mélanges nitreuxJ’en ai un peu partout,J’en ai jusqu’à Moscou.Les consuls italiensMe gardent mes engins.Et Bornand,Simplement,Les ramass’ en cherchant des glands.(refrain)5Quand le législateurAura terminé son labeurEt que de bonnes loisGarderont vos bourgeois,Quand j’aurai encaisséMon brevet d’insensé,J’irai vers d’autres bordsSauver le coffre-fort.Et BornandM’embrassantRépètera tout doucement.(refrain)