Horreur ! Regarde donc ce monstre redoutable,Qui domine le monde et répand la douleur :Qui jette en nos milieux une haine exécrable,D’où jaillit chaque instant l’effroyable malheur.Il possède une gueule atroce et formidable,Armée de crocs puissants et d’un mortel venin ;Par ses muscles nerveux, son élan indomptable,Il rend tout à néant sur son triste chemin.Féroce comme un tigre et comme la panthère,Souple comme un lion, rusé connue un renard :Il bondit sur sa proie, terrifiant de colère,En la glaçant d’effroi par son affreux regard.À chacun de ses pas s’ouvre un profond abîme,D’où sort lugubrement le « râle de la mort »Où l’on voit tristement les restes de son crimeSe soulever en vain dans un dernier effort.Sa tanière, c’est la banque vile et perfide,Où les puissants du jour l’acclament Dieu des DieuxOù il a comme niche un coffre-fort stupide,Qui reçoit le produit de ses meurtres odieux.Hélas ! voilà qu’il vient ; entends-tu cette plainte ?Vois sa face inhumaine et son geste brutal :Tout devient silencieux, partout passe la crainte,Car ce monstre infernal se nomme ; Capital.
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Le Monstre
De Geyter, Jean
Texte de Jean De Geyter (≤1912).
Paru aussi in : Le Combat (1912-1914), année 1, nº 15 (3 aout 1912).