1Un grand peuple dont les ancêtresFirent la RévolutionFût placé par ses nouveaux maîtresSous l’égide du fier lion.Comme géniale ironieCe fut superbement trouvéCar dans sa candeur infinieIl pense que c’est arrivé !refrainIls doivent trembler les tyransEn entendant tous les quatre ansCe fameux lion populaireRugir, exhalant sa colère :Hi han, Hi han, Hi han !2Cet animal allégoriqueConçu par un esprit disertLoin des forêts vierges d’Afrique,Des sables brûlants des désertsIgnora la faune sauvagePour tout viatique il tétaLe biberon de l’esclavageEt se croit libre le bêta !refrain3Périodiquement en formeQuand il se met en mouvementPar une anodine réformeOn l’apprivoise vivement :S’il revendique à qui l’exploiteSa quote part de la moissonCe n’est pas le blé qu’il convoite :Un peu de paille, un peu de son !refrain4Peuple, sois donc un peu plus crâne(Tu dis parfois que ton sang bout)Si tu ne peux être qu’un âneSoit donc un âne jusqu’au bout :Tu verrais ton maître plus sagePlus légers seraient tes fardeauxSi tu sabotais l’attelageEn galipettant sur le dos !refrainChaque jour, non tous les quatre ans,Dresse-toi face à tes tyransMoins soumis, parfois téméraire,Ça vaudrait bien mieux que de braire :Hi han, Hi han, Hi han !
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Le Lion populaire
Jolivet, François-Henri
Texte de François-Henri Jolivet (≤1923 ?).
Publié aussi dans la revue La Muse rouge : revue de propagande révolutionnaire par les arts, nº 6 [début 1923].
Paru aussi in : Brécy, Robert. — Autour de La Muse rouge : groupe de poètes et chansonniers révolutionnaires, 1901-1939. — Saint-Cyr-sur-Loire : Christian Pirot, 1991. — 254 p. (p. 132).