1D’un abord doux et mielleuxMais l’esprit bas et fieleuxIls viennent vous dire à l’oreilleLe dernier potin de la veilleDépourvus de moralitéTrompant votre crédulitéCe sont des monstres d’infamieLes colporteurs de calomnie2Parlez-vous d’un homme estimé ?Vous les entendrez proclamerQue c’est un triste personnageEt, parachevant leur ouvrage,Aussitôt ils inventerontUn fait qu’ils vous raconteront.Et c’est ainsi que dans la viePrend naissance la calomnie3Puis, comme malheureusementNous sommes enclins trop souventÀ nous fier à leur parole,Nous admettons tout sans contrôle.À notre tour, un beau matin,Nous citons le fait au voisinQui, lui, le répète à l’envie.Ainsi grandit la calomnie.4Tout le monde s’écarteraDe l’homme quand on le verra,Mais sans que personne ait l’audaceDe lui dire la chose en face.Bien longtemps il ignoreraTout ce qu’on lui reprocheraCar, en sa bassesse infinie,Elle rampe, la calomnie.5Quand il saura le racontar,Alors, il sera bien trop tardCar, une fois enracinée,En nous l’erreur est obstinée.Atrocement il souffriraPuis un jour il succombera,Vaincu par notre vilenie,Sous le poids de la calomnie.6Prenons donc la résolutionD’agir avec circonspectionPlutôt que d’accomplir le crimeDe faire encore une victime.Des preuves nous exigeronsDes ragots que nous entendronsEt nous marquerons d’infamieLes colporteurs de calomnie.
Accueil > Chansons > La Calomnie
La Calomnie
Loréal, Louis
Texte et musique de Louis Loréal (1923).
Chanson créée par Germaine Cailor et l’auteur. Édité par La Muse rouge (Paris) en petit format.
Publié aussi dans la revue La Muse rouge : revue de propagande révolutionnaire par les arts, nº 10 [nov. 1923 ?].