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La Calomnie

Loréal, Louis


Texte et musique de Louis Loréal (1923).


1
D’un abord doux et mielleux
Mais l’esprit bas et fieleux
Ils viennent vous dire à l’oreille
Le dernier potin de la veille
Dépourvus de moralité
Trompant votre crédulité
Ce sont des monstres d’infamie
Les colporteurs de calomnie
 
2
Parlez-vous d’un homme estimé ?
Vous les entendrez proclamer
Que c’est un triste personnage
Et, parachevant leur ouvrage,
Aussitôt ils inventeront
Un fait qu’ils vous raconteront.
Et c’est ainsi que dans la vie
Prend naissance la calomnie
 
3
Puis, comme malheureusement
Nous sommes enclins trop souvent
À nous fier à leur parole,
Nous admettons tout sans contrôle.
À notre tour, un beau matin,
Nous citons le fait au voisin
Qui, lui, le répète à l’envie.
Ainsi grandit la calomnie.
 
4
Tout le monde s’écartera
De l’homme quand on le verra,
Mais sans que personne ait l’audace
De lui dire la chose en face.
Bien longtemps il ignorera
Tout ce qu’on lui reprochera
Car, en sa bassesse infinie,
Elle rampe, la calomnie.
 
5
Quand il saura le racontar,
Alors, il sera bien trop tard
Car, une fois enracinée,
En nous l’erreur est obstinée.
Atrocement il souffrira
Puis un jour il succombera,
Vaincu par notre vilenie,
Sous le poids de la calomnie.
 
6
Prenons donc la résolution
D’agir avec circonspection
Plutôt que d’accomplir le crime
De faire encore une victime.
Des preuves nous exigerons
Des ragots que nous entendrons
Et nous marquerons d’infamie
Les colporteurs de calomnie.

Chanson « La Calomnie » de Louis Loréal (La Muse rouge, 1923)

Chanson créée par Germaine Cailor et l’auteur. Édité par La Muse rouge (Paris) en petit format.

Publié aussi dans la revue La Muse rouge : revue de propagande révolutionnaire par les arts, nº 10 [nov. 1923 ?].