1Chétif et sans défense,Je dus, petit martyr,Dès la plus tendre enfance,Et pleurer et souffrir.À cet âge où l’on joue,Où l’on apprend à lire aussi,La sueur à la joue,Je travaillais ici !Premier refrainLoin des rumeurs du monde,Loin du grand ciel d’azur,Des fleurs et de l’air pur,Dans la mine profonde,Il me faut peiner fort,Triste jusqu’à la mort !2Quand vient l’aube vermeille,Quand l’horizon pâlit,Pendant que le riche sommeille,Je dois quitter mon lit,Pour aller solitaire,Dans l’éternelle nuit,Arracher à la terreSon précieux produit !3Morne, la tête basse,Souffrant soir et matin ;L’âme affreusement lasse,Je subis mon destin.Et la chose certaine,Je laisserais mes osUn jour dans quelque veine,Ce sera le repos !4Préparons la société futureOù tout sera joyeux,Où la grande nature,Régénèrera les gueux.Plus de vols et de misères,Plus de meurtriers à grisous,Usines, mines et terresProduirons pour nous tous !Refrain finalLoin des rumeurs du monde,Loin du grand ciel d’azur,Des fleurs et de l’air pur,Dans la mine profonde,J’aspire ma rédemption.Vient donc, Révolution !
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Au fond des bagnes miniers : les gémissements du forçat
Herlant-Cogez, F.
Texte de Herlant-Cogez (1903).
Texte inédit paru dans Le Réveil syndical (Lens & Hénin-Liétard), nº 24 (1903, 4 oct.).