J’ai vingt ans et j’peux en viv’ cent.Si je vis autant qu’mon grand-père,Mon nez d’un vif étourdissantDénote une santé prospère ;C’est vrai qu’j’ai bon tempérament,Mais, faut qu’un coup pour qu’on s’défile :Y’a tout d’cochers par la grand’ville !…En tout cas, v’la mon testament.RefrainMes vieux copains, quand je mourrai,Ne plantez pas d’saule au cim’tière ;Ça pourrait faire tomber l’tonnèrreSu’ la tombe oùsque j’roupill’rai !Quand vous m’verrez prés d’tourner d’l’œilMontez vitement à ma piaule,Laissez vot’ curé sur le seuilEt tâchez seul’ment d’êt’ drôlesPour qu’on rigole encore un brin :Au lieu d’vous rapp’ler vos prièresEntonnez un’ chanson dernièreQue j’essaierai-de r’prendre au r’frain.Tout autour de mon pieu, gueulez !Dansez la gigue avec vos belles !Fait’s du chahut pour que l’pip’letDe ma crevaison se rappelle :Et, si jamais vous dégottezQuelque peu d’galett’, s’il en resteDans les doublur’s de mes vieill’s vestes,Allez-les boire à ma santé !Et toi, cher’, garde tes deux sous !C’est entendu : tu m’aim’s, je t’aime !…Mais des symbol’s, moi, je m’en fous !Garde tes deux sous d’chrysanthème,T’as cor beaux nichons et beaux yeux,D’amour tu n’es pas encor lasse,Va, choisis, pour qu’il me remplaceC’lui d’mes amis qui t’plaira l’mieux !Et toi qu’elle aura remarqué,Que tu sois Jean, que tu sois Jacques,Ne fais pas de ce vieux chiquéAussi vieux que les œufs de Pâques :— « Non !… c’est trop frais !… Attends quéqu’s jours… »Quand tu m’verras raid’su’ ma couche,Dis-lui, tout en prenant sa bouche, "Ton amant est mort !… Viv’ l’Amour !…
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Le Testament d’un sale Pierrot
Couté, Gaston
Texte de Gaston Couté. Puis diverses musiques : Philippe Le Velly (2001), Max Boyer (2011), Jean-Louis Boulanger (2013).