Accueil > Chansons > Le Testament d’un sale Pierrot

Le Testament d’un sale Pierrot

Couté, Gaston


Texte de Gaston Couté. Puis diverses musiques : Philippe Le Velly (2001), Max Boyer (2011), Jean-Louis Boulanger (2013).


J’ai vingt ans et j’peux en viv’ cent.
Si je vis autant qu’mon grand-père,
Mon nez d’un vif étourdissant
Dénote une santé prospère ;
C’est vrai qu’j’ai bon tempérament,
Mais, faut qu’un coup pour qu’on s’défile :
Y’a tout d’cochers par la grand’ville !…
En tout cas, v’la mon testament.
 
Refrain
Mes vieux copains, quand je mourrai,
Ne plantez pas d’saule au cim’tière ;
Ça pourrait faire tomber l’tonnèrre
Su’ la tombe oùsque j’roupill’rai !
 
Quand vous m’verrez prés d’tourner d’l’œil
Montez vitement à ma piaule,
Laissez vot’ curé sur le seuil
Et tâchez seul’ment d’êt’ drôles
Pour qu’on rigole encore un brin :
Au lieu d’vous rapp’ler vos prières
Entonnez un’ chanson dernière
Que j’essaierai-de r’prendre au r’frain.
 
Tout autour de mon pieu, gueulez !
Dansez la gigue avec vos belles !
Fait’s du chahut pour que l’pip’let
De ma crevaison se rappelle :
Et, si jamais vous dégottez
Quelque peu d’galett’, s’il en reste
Dans les doublur’s de mes vieill’s vestes,
Allez-les boire à ma santé !
 
Et toi, cher’, garde tes deux sous !
C’est entendu : tu m’aim’s, je t’aime !…
Mais des symbol’s, moi, je m’en fous !
Garde tes deux sous d’chrysanthème,
T’as cor beaux nichons et beaux yeux,
D’amour tu n’es pas encor lasse,
Va, choisis, pour qu’il me remplace
C’lui d’mes amis qui t’plaira l’mieux !
 
Et toi qu’elle aura remarqué,
Que tu sois Jean, que tu sois Jacques,
Ne fais pas de ce vieux chiqué
Aussi vieux que les œufs de Pâques :
— « Non !… c’est trop frais !… Attends quéqu’s jours… »
Quand tu m’verras raid’su’ ma couche,
Dis-lui, tout en prenant sa bouche, "
Ton amant est mort !… Viv’ l’Amour !…