Elle avait les mains blanches, blanches,Comme deux frêles branchesD’un aubier de mai ;Elle avait les mains blanches, blanchesEt c’est pour ça que je l’aimais.Elle travaillait aux vignes ;Mais les caresses malignesDu grand soleilEt l’affront des hâlesAvaient respecté sa chair pâleOù trônait mon baiser vermeil.Et ses mains restaient blanches, blanches,Comme deux frêles branchesD’un aubier de mai.Et ses mains restaient blanches, blanchesEt toujours ! toujours ! je l’aimais !Mais un monsieur de la villeAvec ses billets de milleBien épinglésVint trouver son pèreAux fins des vendanges dernièresEt s’arrangea pour me voler…Me voler la main blanche, blanche,Comme une frêle brancheD’un aubier de mai,Me voler la main blanche, blancheLa main de celle que j’aimais !Au seul penser de la scèneOù l’Autre, en sa patte pleineD’or et d’argent,Broierait les mains chèresAu nez du maire et du vicaire,J’ai laissé ma raison aux champs.Lui ! toucher aux mains blanches, blanches,Comme deux frêles branchesD’un aubier de mai,Lui ! toucher aux mains blanches, blanches,Aux mains de celle que j’aimais !La veille du mariage,Chez le charron du villageJe fus quérirUn fer de cognée,Et m’en servis à la nuitée,Quand ma belle fut à dormir.J’ai coupé ses mains blanches, blanches,Comme deux frêles branchesD’un aubier de mai,J’ai coupé ses mains blanches, blanches…C’était pour ça que je l’aimais !
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Les Mains blanches, blanches…
Couté, Gaston
Texte de Gaston Couté. Musique de Louis Auguin (1903).