1J’ai l’honneur, Messieurs et Dames,Sans viser à la réclame,D’offrir à vos regardsPrésentés avec art,Une collection complèteD’agréables silhouettes,Personnages éminentsTrès surprenants,Celui-ciA luiDe très bizarre,Financier,Flibustier,Il accapareLes produits,Les profits,Mais sa guitare,“Probit锓Loyauté”Fait la charité.(Refrain)Sur le trottoir en passant dans la rueLe populo très finaudSe retourne dans son dosEn murmurant, Çà c’est une verrueQui s’accroche à notre flanc,Qui nous boit le sang,Pour sauver notre santéFaudrait l’amputer.2Ce mielleux qui nous conjure,Qui parle comm’ un augure,Allume le jobard,Convertit le soulard,Conseille le sacrifice,Mais touch’ un beau bénéficeAu bourgeois qu’il défendFidèlement.La douceurDu seigneurIl l’analyse,Il pleurnicheTout godiche,Aussi baptise,Son argotDe cagotDans son église,AsservitAplatitFait les ramollis(refrain)3Ceci est un militaireQui aura cessé de plaireQuand le monde aviséSera civilisé.“Pour l’honneur” c’est sa frime,S’est souillé de tous les crimes,Sinistre chenapan,Couvert de sang.Son aspectEst abject.Il se balance,Très hargneux,Crapuleux,plein d’arrogance,Le bravacheÀ panachePerd’ l’assuranceQuand un poingSous son groinse montre soudain.(refrain)4Pour terminer la sérieJe ne puis, sans tricherie,ne pas vous présenterUn de nos députés.Il nous fait mille caresses,Il est riche de promesses,Avant son élection,Mais sa fonction,Son devoirAu pouvoirEst qu’il nous leurre.ProtégerEt lécherL’assiette au beurre,LoqueteuxVentres-creux,Enfants qui pleurentEncensés,Abusés,Peuvent se brosser.(refrain)
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Nos verrues
Rouge, François
Texte : François Rouge (1903). Air : « Un Bal chez le ministre », musique (1895) par Antonin Jouberti (1859-1925) pour un texte de Jules Jouy.
Paru in : Rouge, François. — Chansons pour rire rouge et jaune, avec montures en similis-vers. — Genève [Suisse] : Réveil socialiste-anarchiste, 1904 (p. 21-24).