Accueil > Chansons > Garçaille pâlie

Garçaille pâlie

Couté, Gaston


Texte de Gaston Couté. Musique originelle d’Estéban Marti (1903).


Bieau gâs s’en va ; brunette jolie
Trottaille tant qu’all’ peut après li.
 
I’ se ne et li cont’ les choses
Qui font rosi sa bouchette rose,
Et l’aime durant tout c’jour d’au’hui ;
Mais il a le cœur qui pirouette
Comme une aiguille de girouette…
 
Bieau gâs s’en va tout dret devant li,
Abandonnant brunette jolie.
 
Bieau gâs s’en va ; roussiotte jolie
Trottaille comm’ la brune après li.
 
I’ se ne et, su’ l’harbe folle
Fait avec elle des cabrioles
Et l’aime durant tout c’jour d’au’hui ;
Mais son cœur voltaille davantage
Qu’les petits moigniaux su’ son passage…
 
Bieau gâs s’en va tout dret devant li,
Abandonnant roussiotte jolie.
 
Bieau gâs s’en va ; blondine jolie
Trottaille comm’ la rousse après li.
 
I’ se ne ; l’agripp’, la bécotte,
L’amignounne et li trousse les cottes,
Et l’aime durant tout c’jour d’au’hui ;
Mais son cœur est comme l’ieau mouvante
Qui change à chaque coup d’ bis’ qui vente…
 
Bieau gâs s’en va tout dret devant li,
Abandonnant blondine jolie.
 
Bieau gâs s’en va ; garçaille pâlie
Trottaille comm’ les aut’s après li.
 
All’ l’arrête et li dit : « Je me nomme
Mam’zell’ la Mort qu’épouse les hommes ;
C’est ton tour de coucher dans mon lit.
On m’abandonn’ pas, moié, car j’enterre
Mes amants par d’ssous eune gross’ pierre. »
 
Bieau gâs s’en va, et part avec li
Et pour toujou’s garçaille pâlie !