À toutes les victimes d’un régime social criminel.
1Dans la rue enivrée, aux multiples échos,La vie emplit les cœurs et fait vibrer les âmes ;Le sang vif des rubis et des coquelicotsÉclate en flots pourpres sur les lèvres des femmesMais… il est des Humains, derrière des barreaux,Qui depuis trop de jours, lentement agonisent,Leurs plaintes ont passé parmi les pierres grises,Sans faire tressaillir leurs ignobles bourreaux.(Refrain)Peuple ! Peuple !Peuple écoute la triste voix s’élevant du fond des bastilles,C’est le cri d’angoisse et d’effroiDe ceux que les sauvages loisOnt enlevés à ta famille.2Dans les poussières d’or de la belle saisonOu par les longues nuits rebelles et glacéesLa joie et le bien-être habitent les maisonsEt chacun se repose en de calmes penséesMais… il est des Humains, que meurtrissent les fers,Sur les sables brûlants des régions désertiquesEt qui lancent aux cieux, comme un appel tragique,L’anathème dernier des damnés aux enfers.(refrain)3Dans un frisson divin des couples sont grisésUn vertige sacré ouvre les lèvres closesLe vent sème alentour le parfum des baisersEt les amants s’en vont vers des apothéoses…Mais… il est des Humains en des cachots ombreux,Que la captivité retient comme une ogresseEt qui hurlent en vain le nom de leur maîtresse,Sans l’étreindre jamais dans leurs bras généreux.(refrain)4Ainsi quand l’allégresse embrase l’horizonEt que selon nos vœux nos destins s’accomplissent,La liberté s’étiole à l’ombre des prisonsOu la douleur en rut râle sous les supplices.Mais… l’exemple vainqueur des temps où nos aînésMariaient les tyrans à la Veuve sublime,Consacre les moyens de venger les victimesEt de détruire enfin les murs empoisonnés.(refrain)